Tous les articles
Intelligence émotionnelle

Les émotions nous permettent d’interagir avec les autres, dans la vie privée comme professionnelle. Certains estiment qu’elles sont le centre de tout et qu’elles améliorent les performances. Il est indéniable que nous sommes plus aptes à gérer nos émotions si nous en comprenons leur origine. Tout le monde n’est pas capable de comprendre son fonctionnement émotionnel, et pourtant, cela permet d’être plus efficace de bien des manières. Voilà pourquoi les employeurs voient l’intelligence émotionnelle comme le Graal des softs skills. Quels sont ses bénéfices, comment l’évaluer et la développer ? Cet article vous révèle tout ce qu’il y a à savoir sur cette forme d’intelligence si particulière.

 Nos autres articles :
L’éthique en ressources humaines : un impératif pour les entreprises de toutes tailles
Le brown-out : une nouvelle menace pour la santé mentale au travail

Définition et composantes de l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle est un concept plutôt récent. Il a été révélé dans les années 90 par les psychologues américains Jack Mayer et Peter Salovey. L’intelligence émotionnelle s’étudie selon 3 angles : être capable d’évaluer et d’exprimer ses émotions et celles d’autrui, être capable de les réguler et être capable de les utiliser.

Il ne faut pas confondre les émotions et les sentiments ou l’humeur. Les émotions « premières » sont la joie, la tristesse, la surprise, la peur, la colère et le dégoût. Comprendre et utiliser ses émotions est une soft skill (compétence douce) qui permet de s’adapter plus facilement à son environnement.

Parmi les composantes de l’intelligence émotionnelle on retrouve :

  • La conscience de soi (C’est la capacité de mettre un nom précis sur ses émotions tout en comprenant leurs causes et leurs effets.)
  • La gestion des émotions (C’est la régulation des émotions ainsi que leur expression de manière appropriée. Il convient également d’être capable de les utiliser à bon escient.)
  • La conscience sociale (C’est l’aptitude à comprendre et interpréter les émotions des autres. Cela permet de cerner leurs besoins et leurs préoccupations en faisant preuve d’empathie.)
  •  La gestion des relations (ou comment établir et entretenir des relations positives et harmonieuses avec les autres. Les compétences requises pour cela sont la communication efficace, la collaboration, l’influence sociale et la résolution de conflits.)

Intelligence émotionnelle en entreprise : 6 avantages indéniables

L’intelligence émotionnelle est très utile dans la sphère professionnelle. Les salariés avec un fort quotient émotionnel sont des éléments positifs pour la société. Ils apportent un aspect humain aux projets, ce qui assure de plus grandes chances de réussite. L’intelligence émotionnelle au service de l’entreprise entraîne plus de performance et de bien-être.

Des émotions gérées avec succès

L’intelligence émotionnelle d’une personne l’amène à canaliser son énergie et à gérer ses émotions en cas de difficultés. Être doté d’une telle compétence permet donc de réduire le risque de se laisser dépasser par la pression professionnelle.  

De même, cette bonne gestion des émotions permet aux salariés d’être plus positifs, plus calmes et plus concentrés. Ils gardent la tête froide dans tous les contextes. Leurs décisions sont prises de manière plus rationnelle. Ces capacités leur permettent de rester focalisés sur leur mission et de ne pas perdre de vue l’objectif à atteindre. Les salariés font alors preuve de meilleurs résultats et d’une plus grande productivité.

Une adaptabilité à toute épreuve

La vie de l’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. Les salariés sont confrontés à de nombreuses évolutions. Le meilleur moyen pour lutter contre l’appréhension de ces changements est de faire preuve d’intelligence émotionnelle.

Les salariés conscients de leurs émotions, ainsi que de celles des autres, s’adaptent mieux aux situations inédites. Ils sont même capables de résoudre les problèmes et de prendre des initiatives afin de relever les nouveaux défis.

L’apaisement des relations interpersonnelles

Les collaborateurs empathiques et capables de comprendre leurs propres émotions facilitent les relations au sein de l’entreprise. Ils anticipent les réactions des autres et savent comment agir face à cela. Ils sont aussi plus en recherche de connexions harmonieuses et productives.

La communication est leur point fort. Ils apaisent les tensions et résolvent les conflits très rapidement. Ils aiment aussi construire des liens solides avec leur entourage professionnel (collègues et clients).

Des leaders efficaces

Lorsque l’entreprise dispose de managers dotés d’intelligence émotionnelle, elle obtient de meilleurs résultats. Ces leaders authentiques et attentifs aux besoins de leur équipe sont très bien perçus. On les écoute plus facilement. On suit leurs conseils et leurs consignes sans réticences.

Un bon leader est capable de motiver son équipe et d’avoir une influence positive sur elle. Toute cette dynamique constructive vient renforcer la performance globale de l’équipe et de l’entreprise.

Une prise de décision éclairée

Si toutes les décisions étaient prises en intégrant des informations émotionnelles pertinentes, elles seraient bien plus avisées. Le but est de trouver le juste équilibre entre les informations rationnelles et émotionnelles.

En étant conscients de leurs biais émotionnels, les salariés gèrent mieux leurs émotions et prennent des décisions plus réfléchies. Il convient également d’être conscient des conséquences émotionnelles et sociales potentielles. Cela garantit des résultats plus équitables et bénéfiques pour toutes les parties concernées. La maîtrise des émotions aide à ne pas se sentir submergé au moment de la prise de décision.

Une meilleure gestion du stress

Plus un collaborateur est capable de reconnaître et de réguler ses émotions négatives, plus il a de chances de gérer correctement une situation anxiogène et frustrante. Il arrive à affronter la pression et il reste motivé, quel que soit l’environnement. Il a toutes les clés en main pour résister au stress et à l’épuisement professionnel. Voilà pourquoi l’intelligence émotionnelle est une très bonne arme contre le burn-out.

Comment cultiver l’intelligence émotionnelle dans l’entreprise ?

Evaluer la compétence

Connaître le niveau d’intelligence émotionnelle de ses salariés permet de faire le point sur la situation pour tenter de l’améliorer. Cela permet aussi de développer les compétences des collaborateurs.

Tout comme on calcule le quotient intellectuel (QI) d’une personne, il est possible d’évaluer son intelligence émotionnelle. Dans ce cas-là, c’est le quotient émotionnel (QE) que l’on mesure. Il ne faut d’ailleurs pas confondre les deux intelligences. Au vu de l’essor de ce concept, de nombreux tests ont été mis au point pour calculer le QE. Ces tests, sous forme d’une série de questions, établissent le « portrait-robot » des émotions d’une personne.

Certains questionnaires sont gratuits et se trouvent facilement sur Internet. Toutefois les tests ne sont pas à prendre à la légère s’ils doivent servir dans le cadre professionnel. Il est recommandé de les réaliser en respectant les 3 règles suivantes : éthique, confidentialité et transparence. Et il est préférable que les résultats servent à développer les aptitudes des collaborateurs plutôt qu’à prendre des décisions négatives (comme les licenciements).

Certains employeurs utilisent les tests de QE dès la phase de recrutement. Cet outil les aide à recruter des candidats dont l’intelligence émotionnelle correspond aux valeurs de l’entreprise. Ce critère n’est cependant pas le seul à prendre en compte pour recruter de nouveaux talents. Les compétences et l’expérience restent des éléments importants et tangibles.

Développer l’intelligence émotionnelle

Étant donné les bénéfices de l’intelligence émotionnelle en entreprise, il est nécessaire de trouver les bons outils pour la développer. Il faut savoir que celle-ci n’est pas innée et fixe. Chacun peut développer son quotient émotionnel au gré de ses expériences personnelles et professionnelles, et ce, tout au long de sa vie.

Les employeurs disposent de plusieurs méthodes pour développer l’intelligence émotionnelle de leurs collaborateurs :

  • Sensibiliser et former sous forme d’ateliers, de conférences ou de programmes spécialisés. Des ressources, livres et vidéos peuvent accompagner l’apprentissage.
  • Encourager les responsables hiérarchiques à montrer l’exemple en faisant preuve de leadership émotionnellement intelligent.
  • Favoriser une culture de communication basée sur l’intelligence émotionnelle ; ouverte et respectueuse.
  • Fournir un feedback constructif et respectueux des émotions de chaque individu. On préfère valoriser les émotions positives dans ce cas et on aide à gérer les émotions négatives.
  • Proposer du coaching ou du mentorat pour aider à développer son intelligence émotionnelle.
  • Créer un environnement psychologiquement sûr. Les employés doivent pouvoir exprimer leurs émotions en toute sécurité et sans jugement ou représailles.

Des jeux de rôle et de prise de parole, des exercices de pleine conscience, voire un journal émotionnel aident parfois un salarié à verbaliser ses émotions. Ensemble, les salariés arrivent à reconnaître et à mieux gérer leurs émotions.

Pourquoi la promouvoir ?

LinkedIn a révélé en 2020 que l’intelligence émotionnelle faisait partie des 5 softs skills les plus recherchées par les employeurs. Voici donc plusieurs bonnes raisons de la promouvoir, en interne comme en externe.

Renforcer la culture d’entreprise

Impulser l’intelligence émotionnelle c’est encourager une culture d’entreprise positive et inclusive. L’empathie, le respect et la compréhension mutuelle favorisent un environnement de travail sain et encourageant.

Retenir et attirer les talents

Plus les collaborateurs se sentent soutenus, plus ils sont satisfaits et engagés au travail. La confiance accordée dans leur développement personnel dénote de l’intérêt pour leur bien-être. Les salariés en poste apprécient cette reconnaissance et ne cherchent pas à quitter l’entreprise. Quant aux candidats potentiels, ils sont attirés par de telles valeurs et postulent plus facilement.

Améliorer la performance globale

L’intelligence émotionnelle permet de résoudre les conflits de manière plus efficace. De même, les managers dotés d’un fort QE inspirent et motivent leur équipe. Cette impulsion positive favorise la collaboration. Tout ceci pousse les salariés à donner le meilleur d’eux-mêmes dans l’intérêt général et ainsi booster la performance.

Cacher ses émotions semble parfois le meilleur moyen de se protéger. Et pourtant, qu’il s’agisse de mauvaises ou de bonnes émotions, l’essentiel est de contrôler nos émotions. En avoir conscience et savoir comment les gérer nous permet de montrer notre humanité aux autres et d’obtenir plus de respect. Les entreprises qui tendent à cultiver l’intelligence émotionnelle chez leurs salariés profitent d’une bonne cohésion d’équipe et d’une productivité accrue.

  1. D’ici 2030, l’automatisation représente un risque potentiel pour 47 % des emplois aux États-Unis, 35 % au Royaume-Uni et 35 % en Allemagne. (Statista, 2021)
  2. Les entreprises fortement automatisées sont 6 fois plus susceptibles d’augmenter leur chiffre d’affaires de plus de 15 % par rapport aux entreprises faiblement automatisées. (ServiceNow, 2017)
  3. 60 % des dirigeants d’entreprise prévoient de renforcer leur service RH avec davantage d’IA et d’automatisation au cours des 5 prochaines années. De plus, 61 % envisagent la possibilité pour l’IA de prendre en charge les fonctions RH, en particulier avec les progrès des technologies d’IA générative telles que Chat GPT. (Personio, 2023)
  4. 85 % des entreprises ont accéléré leurs efforts de numérisation en réponse à la pandémie de COVID-19. (Enquête mondiale auprès des cadres de McKinsey, 2020)
  5. Selon les données de 2023, 74 % des dirigeants d’entreprise reconnaissent la nécessité d’une efficacité et d’une productivité accrues dans leurs organisations. De plus, 66 % de ces dirigeants estiment que l’IA et l’automatisation ont un potentiel significatif pour relever ces défis au sein du service RH. (Personio, 2023)
  6. Selon Gartner, 69 % des tâches managériales routinières seront entièrement automatisées d’ici 2024.
  7. En 2017, seulement 37 % des services RH et 33 % de la résolution de problèmes client étaient automatisés, contre 53 % pour les services informatiques. Cela indique la nécessité d’améliorations dans tous les domaines. (ServiceNow, 2017)
  8. 43 % des répondants expriment leur inquiétude quant à la perte d’emplois potentielle due à une automatisation accrue dans la fonction RH. (Personio, 2023)
  9. Selon la SHRM (Society for Human Resource Management), environ 25 % des organisations utilisent l’automatisation ou l’intelligence artificielle (IA) pour aider dans les tâches liées aux RH.
  10. Environ 2 professionnels RH sur 3 signalent un temps de recrutement amélioré pour les postes vacants, 53 % indiquant que c’est quelque peu mieux et 16 % indiquant un résultat nettement meilleur. Cet impact positif est attribué à leur utilisation de l’automatisation et de l’IA. (SHRM)
  11. 85 % des employeurs qui utilisent l’automatisation ou l’IA signalent des économies de temps et une efficacité accrue. (SHRM)