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« Act on your wage », « quiet quitting », ces expressions largement diffusées grâce à TikTok sont la nouvelle bête noire des DRH. La démission silencieuse est l’une des réponses que les salariés ont trouvées pour mettre le holà à la pression et à la sursollicitation qu’ils ressentent au travail. Ainsi, managers et services RH doivent faire face à un profond désengagement de leurs employés. En quoi consiste le quiet quitting, comment le déceler et surtout comment l’éradiquer ? Toutes les réponses se trouvent ci-dessous.

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Le quiet quitting, qu’est-ce que c’est et pourquoi s’en soucier ?

Définition du phénomène de quiet quitting

Le quiet quitting, aussi appelé « démission silencieuse » est le désengagement d’un salarié à l’égard de son travail. On parle de démission silencieuse, mais il ne s’agit pas en soi d’un abandon de poste, même s’il arrive que le quiet quitting mène à une fin de contrat. Le collaborateur est toujours en poste, mais il décide de faire le strict minimum. Il n’effectue que les tâches prévues sur sa fiche de poste et il respecte consciencieusement les horaires indiqués sur son contrat de travail. Le quiet quitter refuse par exemple de faire des heures supplémentaires, de répondre aux e-mails en dehors de son temps de travail, d’aider un collègue dans le besoin ou encore de prendre plus de responsabilités. Le quiet quitting vient du renoncement à la culture de la performance absolue. Les salariés, notamment les jeunes générations, sont en quête de sens dans leur travail. Ils recherchent également l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. C’est ce qu’ils obtiennent en limitant leur temps de travail et leur implication professionnelle.

Une étude du cabinet Gallup montre que seulement 6 % des employés français se sentent pleinement engagés dans leur entreprise. Quid des 94 % restants ? Pourquoi continueraient-ils à se donner à 100 %, voire plus, alors qu’ils ne croient pas en leur entreprise ? L’une de leurs réponses est le quiet quitting.

Les coûts cachés du quiet quitting

Le problème est que ce phénomène a un impact sur l’entreprise à plusieurs niveaux. La mauvaise ambiance qui s’installe entre les salariés ou l’image qui ressort d’un tel environnement altère directement la marque employeur. Les quiet quitters ne sont plus des ambassadeurs pour leur entreprise, ils la dénigrent même parfois au lieu de la promouvoir. Les entreprises touchées par le quiet quitting doivent donc trouver des moyens supplémentaires pour redorer leur image et attirer les candidats.

Le désengagement de certains salariés a aussi un effet sur la charge de travail de leurs collègues. Les salariés les plus investis compensent le manque d’engouement des autres par de plus grandes amplitudes horaires et une disponibilité sans faille. Sauf que cela augmente les risques psychosociaux, diminue la rétention et peut conduire à des accidents du travail ou au burn-out par exemple. C’est tout le climat social de l’entreprise qui en pâtit, affaiblissant la dynamique des équipes.

Quiet quitting et perte de productivité 

Lorsqu’un vent de quiet quitting souffle sur une entreprise, la direction doit tout de suite craindre pour sa productivité. Moins d’engagement = moins d’efficacité et de qualité. Les quiets quitters ne cherchent plus à donner le meilleur d’eux-mêmes. Au contraire, ils fuient la performance.

La gestion des carrières va aussi de pair avec la productivité d’une structure. Sauf que si les salariés préfèrent rester sur leurs acquis, ils ne veulent plus évoluer et encore moins suivre des formations qui leur donneraient plus de responsabilités. Ce comportement empêche alors la structure d’avancer. Elle ne peut pas renforcer ses compétences et améliorer ses performances.

Coûts de remplacements 

Lorsque le quiet quitting s’accompagne d’absentéisme prolongé ou à répétition, le mal impacte alors les finances de l’entreprise. Il faut remplacer le salarié absent afin de ne pas prendre trop de retard, ce qui n’est pas sans coût.

Il en est de même lorsque le quiet quitting mène à la démission du salarié. À ce moment-là, le pôle recrutement est sollicité pour trouver un remplaçant adéquat dans les meilleurs délais. Encore une fois, le budget de l’entreprise est affecté.

Les signes avant-coureurs du quiet quitting

Les signaux faibles qui indiquent un désengagement des employés

Le quiet quitting est un phénomène sournois, car il ne se détecte pas facilement et il peut être confondu avec d’autres maux professionnels. Certains quiet quitters perdent en productivité, d’autres se retirent petit à petit de leur équipe, d’autres encore limitent leurs interactions professionnelles au strict minimum. Il convient donc de surveiller les salariés qui restent silencieux et ne partagent pas ou plus leurs idées. Tout comme les collaborateurs qui refusent une formation sont à prendre en considération.

Comment repérer les signes avant-coureurs du quiet quitting

Même si le phénomène s’est répandu via les réseaux sociaux, les quiet quitters n’assument pas tous leur situation. Le désengagement progressif n’est alors pas exprimé. Dans ce cas, comment détecter les salariés concernés ?

Les données concernant l’absentéisme sont un bon outil pour détecter une perte d’engouement professionnel. Des congés maladie fréquents ou des congés personnels sans raison valable doivent mettre la puce à l’oreille des DRH.

De même, les KPI liés à la productivité de chaque collaborateur aident à déceler toute anomalie.

Des points réguliers avec les collaborateurs et avec leurs supérieurs hiérarchiques sont l’occasion de repérer un changement de comportement comme un retrait social.

Les causes du quiet quitting

Les facteurs qui poussent les employés à se désengager

Des études montrent que le quiet quitting ne touche pas que la génération Z. Les collaborateurs de tous âges sont concernés. Pour certains, il s’agit d’une parade pour préserver leur santé mentale, pour d’autres, c’est la reconnaissance qui est remise en question. Les origines du quiet quitting sont nombreuses et variées :

  • Besoin d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle, et de prendre du temps pour aller au bout de ses projets personnels
  • Souffrance de ne pas trouver sa place dans l’entreprise et au sein de son équipe
  • Manque de reconnaissance (sous toutes ses formes, pas seulement financière)
  • Problèmes relationnels avec ses collègues ou sa hiérarchie
  • Épuisement professionnel dû à un niveau de stress trop élevé ou à une charge de travail excessive
  • Trop grand écart entre ses valeurs et la culture de l’entreprise
  • Perte de sens et d’utilité dans le travail (un « bullshit job » conduit facilement au bore-out)

Les erreurs courantes que les entreprises font qui conduisent au quiet quitting

C’est généralement un mauvais environnement de travail qui conduit au quiet quitting. Les salariés qui manquent de considération et de récompense sont les plus touchés par le mal. Tout comme ceux qui sont hyper-connectés et font preuve d’une disponibilité indéfectible.

À l’heure où le télétravail est omniprésent, les employeurs se doivent de mettre à disposition de leurs salariés les outils adéquats et les bonnes pratiques. Sans cela, la mission ne peut être couronnée de succès et l’échec peut mener à la perte d’intérêt.

Certains managers sont également responsables des démissions silencieuses. Leur manque de communication les empêche d’interagir avec leurs équipes. Ils ne contactent leurs collaborateurs qu’en cas de problème, de manière autoritaire et distante. Sans parler des managers qui abusent du time monitoring et trackent leurs équipes pour obtenir sans cesse de meilleurs résultats.

Comment éviter le quiet quitting dans votre entreprise 

Analysez la situation 

Avant de prendre toute décision, il convient d’analyser quel est le problème et d’où il vient. C’est seulement ensuite que l’on peut prendre les bonnes décisions et mettre en place les actions les plus adaptées. L’employeur doit donc comprendre comment le climat s’est détérioré en réalisant un audit.

Créez une culture d’entreprise positive qui encourage l’engagement des employés 

La manière la plus efficace d’éradiquer le quiet quitting est d’apporter des modifications profondes, qui perdurent dans le temps. C’est donc la culture de l’entreprise qui doit être remaniée afin qu’elle soit plus engagée envers l’équité et la justice notamment. La structure doit mener des chantiers pour déterminer les actions les plus efficaces contre le quiet quitting au regard de ses salariés. Semaine de 4 jours, télétravail, congés illimités sont des solutions qui ont déjà été mises en place dans certaines entreprises. Le droit à la déconnexion est également une idée pour améliorer la qualité de vie au travail des collaborateurs. Le tout doit contribuer à rétablir la confiance, à redynamiser les relations entre salariés et à favoriser leur engagement.

Communiquez efficacement avec les employés 

La communication bienveillante favorise une culture d’entreprise positive. Sur ce terrain-là aussi les choses doivent changer. En prenant conscience de ses erreurs, la direction est plus à même de renverser la tendance pour rétablir le bien-être de ses collaborateurs. La communication peut être développée à différents niveaux. Des questionnaires et des sondages sont des outils efficaces pour comprendre d’où vient le problème et comment le résoudre. Tout comme les entretiens d’offboarding au moment du départ d’un salarié. Une autre piste serait d’arrêter l’envoi de mails en dehors des horaires de travail. Cela aiderait en effet à garantir l’équilibre recherché par les collaborateurs.

Simple décrochage ou réaction militante, le quiet quitting est un fléau qui peut toucher toutes les entreprises et qu’il convient de surveiller attentivement. Pour éviter aux services ressources humaines d’être désemparés face à un tel phénomène, les entreprises doivent observer et agir. Le plus important étant de ne pas laisser gangréner la situation, au risque de voir sa productivité et son image de marque s’effondrer.

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